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Interview de Quentin Zakoïan, Co-fondateur d’Ernesti

Le 17 février 2021, Quentin Zakoïan, co-fondateur d’Ernesti a eu l’honneur d’être interviewé en direct sur le plateau de BFM Business par la journaliste Lorraine Goumot. L’occasion d’échanger autour du développement d’Ernesti et de notre vision pour la suite du projet.

 

La pépite : Ernesti met en relation des étudiants en santé avec les familles recherchant de l’aide la nuit pour leurs proches.

 

Aujourd’hui, nous allons parler de nuits à deux, mais pas de manière romantique…
Quentin, vous avez fondé Ernesti avec votre sœur. Ernesti est une société qui permet de mettre en contact de jeunes étudiants en Médecine, en tout cas dans le paramédical avec des familles qui ont besoin, très simplement, d’aide la nuit.

 

À qui venez-vous « piquer » des parts de marché ? Qui s’occupe de cela si ce n’est pas vous ?

 

Quentin Zakoïan : Merci beaucoup de me recevoir. Aujourd’hui, les nuits sont un créneau manquant lors du maintien à domicile. On arrive à trouver des solutions en journée avec une auxiliaire de vie, une infirmière, une aide-soignante, mais passé 20h, il est beaucoup plus compliqué d’arriver à trouver une présence la nuit. C’est bien souvent là que se déclenchent les entrées en maison de retraite, car tout simplement il y a très peu de solutions qui sont économiquement valables. On arrive à ce moment-là pour essayer de mettre en relation les aidants familiaux, qui recherchent une présence de nuit pour leurs proches en perte d’autonomie, avec des étudiants en santé qui sont disponibles pour venir toute la nuit, de 20h à 8h, assurer le plus important, une présence humaine, bienveillante, rassurante et sécurisante.

 

Vous avez combien d’étudiants inscrits sur la plateforme Ernesti ? Comment les choisissez-vous et les recrutez-vous ?

 

Q.Z : Aujourd’hui, nous avons plus 5 500 étudiants inscrits sur notre plateforme. Nous avons un processus très rigoureux pour arriver à sélectionner les meilleurs, ceux qui sont les plus motivés. Dans un premier temps, nous allons vérifier tout un ensemble de pièces justificatives (carte d’identité, certificat de scolarité, attestation de Sécurité Sociale, etc.). Ensuite, nous allons leur demander d’enregistrer une petite vidéo de présentation dans laquelle ils parlent face à la caméra pendant une minute. Ainsi, lorsque la famille va sélectionner sa « chouette », donc son étudiant(e)
santé, elle va pouvoir baser son choix sur l’énergie que dégage chaque « chouette ». En plus de cela, nous leur faisons passer à tous un entretien. C’est ma sœur Séverine, co-fondatrice d’Ernesti et psychologue clinicienne de la santé qui s’occupe de mener ces entretiens.

 

En général, ce sont des accompagnements qui concernent plusieurs nuits de suite, des étudiant(e)s qui s’installent quasiment pour dormir chez une personne âgée, ou bien les familles changent-elles de « chouette » régulièrement ?

 

Q.Z : C’est une excellente question. En fait, nous nous arrangeons pour que nos « Chouettes » ne fassent pas plus de deux nuits par semaine. Il est important pour nous qu’elles puissent faire des Accompagnements sur le long terme. Comme vous le dites, ils reviennent de manière récurrente. Nos familles prennent en moyenne quatre et cinq nuits par semaine, c’est donc très intensif. Nous mettons donc en place des équipes de « chouettes » au chevet de chaque accompagné(e). Nous allons ainsi avoir un groupe de deux/trois étudiant(e)s en santé qui vont se relayer. Ce ne sera pas le/la même étudiant(e) chaque nuit ; en revanche, ce sera toujours le/la même le lundi et le mercredi, le mardi et le jeudi, etc. pour qu’un vrai roulement s’installe.

 

Quentin Zakoïan, votre service est disponible partout en France. On imagine qu’il est plus facile d’organiser cela dans les grandes villes. Est-ce que vous arrivez aussi à déployer le service dans des endroits où il y a moins de gens, moins d’étudiant(e)s ? Réussissez-vous à couvrir des zones de régions moins peuplées ?

 

Q.Z : Oui, absolument. En fait, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des étudiants en santé. Dans pratiquement chaque centre hospitalier est rattaché un Institut en Soins Infirmiers. Les étudiant(e)s qui y suivent leurs études vont représenter un tiers de nos « Chouettes ». Dans ces zones un peu plus rurales, ils ont tous une voiture, ce qui nous permet d’avoir une action dans des endroits plus reculés, là où il y a parfois un peu moins de services justement. C’est donc très intéressant.

 

Combien ça coûte pour les familles et combien ça rapporte aux étudiant(e)s en santé ?

 

Q.Z : Pour un accompagnement de nuit, de 20h à 8h, l’étudiant(e) va être rémunéré(e) 50 € nets. À cela vont s’ajouter 23 € de cotisation sociale prélevés par le dispositif du CESU (Chèques Emploi Service Universel) et Ernesti va toucher 15 € TTC de frais de service. Ces chiffres sont calculés pour une nuit. Soit un coût total de 88 € pour la famille. Le crédit d’impôt de 50% réduit le prix de la nuit à 52 €, coût final pour la famille. C’est en moyenne deux fois moins cher que sur le marché. En général, ces prestations coûtent autour de 180 € pour le même nombre d’heures.

 

Le gouvernement a promis qu’à partir de l’an prochain, le crédit d’impôt serait directement versé au fur et à mesure, ce qui vous permettra d’afficher un coût net pour tout le monde sans avoir à faire l’avance de trésorerie. C’est important pour Ernesti ?

 

Q.Z : C’est effectivement très important. Nous regardons cela tous les jours pour savoir comment ça avance, car il est évident que lorsque cette mesure a été mise en place en Suède en 2009 il me semble, elle a entraîné un bon de 30% dans le secteur du service à la personne. C’est évidemment hyper important pour nos familles qui aujourd’hui doivent avancer beaucoup de trésorerie pendant un an. Il y a une grande différence entre 88 € et 52 €.

 

Vous avez créé cette plateforme en 2017. Est-ce que vous avez eu besoin de beaucoup d’argent pour financer techniquement ? Comment se passe votre développement ? Est-ce que c’est quasiment du bénévolat, une sorte de mission que vous vous êtes fixée, ou est-ce que vous avez envie de vous développer en Europe, ailleurs ?

 

Q.Z : Chez Ernesti, nous sommes assez ambitieux. Effectivement, nous avons démarré juste après nos études, avec, comme on le dit « les moyens du bord » au début, pour essayer de tester le concept. L’idée vient de ma sœur Séverine qui a accompagné, pendant toutes ses années d’étude, des personnes en perte d’autonomie par l’entremise de notre mère, médecin généraliste. C’est ce qui nous a donné l’idée de mettre en place ce service. L’objectif, les premiers mois, était de tester, vérifier que cela ne fonctionnait pas uniquement parce que c’était le médecin et la fille du médecin. On a testé au début avec peu de moyens, puis nous nous sommes structurés, car nous nous sommes rendu-compte que nous répondions à un vrai besoin du marché.

 

Avez-vous des partenaires, des financements ?

 

Q.Z : Absolument ! Nous venons de finaliser un premier tour de fonds d’amorçage de 300 000 € pour s’entourer de Business Angels expérimentés, très forts sur la partie plateforme. On a par exemple Marc Baty de Ferme en VIE et Daiaku, Nicolas Cohen d’Ankorstore et Antoine Chatelain de Wecasa

En fait, nous sommes trois co-créateurs qui avons tous 27 ans ; nous sommes donc une équipe assez jeune. En plus de cela, nous essayons de créer des partenariats avec de grands groupes de protection sociale comme Malakoff Humanis ou AG2R La Mondiale récemment pour faire en sorte qu’ils arrivent à prendre en charge une partie des coûts de ces gardes de nuit pour nos familles.

 

L.G : Génial ! Merci Quentin Zakoïan, co-fondateur d’Ernesti.

 

Chez Ernesti, nous avons développé une solution innovante pour offrir aux personnes dépendantes la possibilité de rester chez elles aussi longtemps qu’elles le souhaitent et dans les meilleures conditions. Nos Accompagnements de nuits sont également vecteurs de liens et d’échanges intergénérationnels, si précieux pour le moral de nos aînés.

 

Nos « Chouettes », étudiants dans les domaines de la Santé (médical et paramédical) sont, grâce à leur formation et leurs stages sensibilisés à la cause des personnes dépendantes et sont à même de gérer avec professionnalisme des situations compliquées.

La mise en place de gardes de nuits et/ou en soirée à domicile permet également aux Aidants de pouvoir prendre du recul et se reposer, tout en sachant leur proche en sécurité.

Pour en savoir plus sur notre fonctionnement : Ernesti, comment ça marche ?

N’hésitez pas à demander de l’aide sans honte ni culpabilité, et n’oubliez pas que les services de répit profitent à la personne dépendante ainsi qu’à l’Aidant.

 

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